vendredi 15 juillet 2016

Terreur Nocturne


Terrorisme.

Ensemble d'actes de violence (attentats, prises d'otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d'insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système.

Définitions : terrorisme - Dictionnaire de français Larousse



 La nuit a été très chaude et collante et je confesse que je n’ai pas l’air climatisé.  Comme tous ceux qui ont fait le choix de ne pas posséder de cellulaire, quand je mentionne que je n’ai pas « la clim » on me regarde comme si je vivais dangereusement ou que j’étais tout simplement attardée.  Ce à quoi je réponds que : « Pour 5 jours de canicule par année, je préfère investir cet argent ailleurs.  Faut savoir prioriser.» Généralement, on me tourne le dos ou alors on passe au prochain sujet de conversation.  Bref, fin de la mise en contexte, je me suis réveillée entièrement collée de sueur, le sexy en moins, tout en me félicitant d’avoir quand même dormi.

Je me suis dirigée vers mon cellulaire (oui, j’ai ça!) afin de réviser le contenu de l’actualité en ligne (pas complètement déconnectée, parce que je n’ai pas la télé non plus… bref) pour me rendre compte qu’un nouvel attentat avait été perpétré en France, à Nice plus précisément. 

Les grands titres citaient  « attentats terroristes » et le nombre de morts et de blessés (autour de 80 et 100 respectivement).

Dans les premières lignes, on racontait que le nombre de blessés et de morts désignaient aussi des enfants.  En continuant mon chemin en auto jusqu’au boulot, j’ai ouvert la radio sur une chaîne populaire où témoignait une femme qui n’était pas présente sur les lieux au moment des attentats.  Elle disait être chez des amis à Nice et que ceux-ci leur avait appris la nouvelle en rentrant à la maison alors qu’eux mangeaient des glaces à l’eau de rose et au safran, ce qui avait choqué tout le monde.  Elle décrivait que Nice était une cité très bruyante et vivante, qu’il y était difficile d’y dormir tant cette ville était énergique de jour comme de nuit.  Elle ajouta qu’en cette soirée sordide, un silence de mort planait sur le son des sirènes d’urgence.  Elle se disait en choc.

Si j’avais ouvert le journal à mon arrivée au bureau ou écouté plus longuement les nouvelles, on aurait continué d’en parler, de s’émouvoir, de s’épancher, etc.

Je me suis surprise à penser : « Quelle incroyable publicité pour la noirceur ».  Détrompez-vous, je ne minimise en rien ce qui s’est passé, ce que les familles doivent ressentir à l’heure actuelle, ce que la population doit combattre pour empêcher ce sentiment d’émerger : « la terreur ».

Puis, je me suis dit qu’il était normal que le Monde sache ce qui venait de se produire, c’est une secousse de tremblement planétaire.  C’est surréaliste, comment des gens peuvent-ils créer autant de souffrance autour d’eux en pensant qu’ils font la bonne chose? Il faut que tout le monde sache pour faire front commun…. Ou alors, on en parle autant pour perpétuer ce sentiment d’insécurité et parce que le « pas beau » fait vendre vachement plus que « l’amour et la bonne entente » ?  Que choisissons-nous?

Alors, j’ai tenté de réfléchir à comment l’on pourrait dire les choses tout en accordant le moins possible de force et d’importance à ces gens qui s’enrôlent, sachant qu’ils vont probablement mourir pour la cause, mais croyant quand même que c’est mieux que de continuer à vivre dans notre Monde.  C’est notre MONDE à tous, pourquoi leur donner une plus grosse part du gâteau et leur donnant notre Pouvoir, celui de la vie? En se questionnant (légitimement) sur nos déplacements, nos découvertes en voyage; en faisant des choix qui dérogent « juste un peu » de ce que l’on souhaiterait « parce que c’est mieux pour notre sécurité », on donne notre pouvoir.

En utilisant des mots forts comme terreur et terroristes, on étiquette ces gens exactement comme ils le souhaitent; puisque le but est d’inspirer ce sentiment, de paralyser tout le monde – de PRENDRE LE POUVOIR.  C’est une mutinerie au sein de notre MONDE. Un cancer qui ronge l'Humanité.

Je n’ai pas de solution à offrir qui soit digne de ce nom. Imaginez un peu que l’on appelle le terrorisme différemment, sans lui donner tout ce pouvoir. Imaginez un peu qu'on ne l'appelle : crime de miséreux, de petit monde, crime d’ignorance, crime de peu de foi en l’humanité – peu importe.  Est-ce que l’on ne réduirait pas sa portée, tout en continuant d’écrire pour que les familles ne soient pas ignorées, pour que l’on puisse faire front commun.

Je crois au pouvoir et à la force des mots. Malgré toutes les démonstrations de force d’un gouvernement, je pense que si l’on continue à appeler ces crimes d'« acte de terrorisme », on continue de leur donner la conviction, le pouvoir et le souffle dont ils ont besoin pour leurs frappes.


C’est mon humble opinion, celui d’une fille qui se réveille dans sa sueur à cause de la canicule; pas parce que les bombes sifflent et que les gens qu’elle aime tombent.

vendredi 17 juin 2016

L'incertitude


J'aime l'incertitude. 
Ceux qui me connaissent, viennent d'éclater de rire à ces quelques mots; je les comprends, je ris aussi. Je ne parle pas de cette incertitude provenant du mensonge, du doute, de cette fragilité que l'on redoute. Non. Je parle de ce moment suspendu dans les airs, de celui où rien n’est encore décidé, celui où l’univers retient son souffle un instant pour ne pas influencer ce qui suivra. Le moment qui précède, le moment « juste avant ».
Juste avant l’orage, quand l’humidité a étendu sa pesante couverture qui camouffle les sons et la lumière; mais qui éveille notre attention juste avant que le ciel de soit pourfendu par l'éclair accompagnée d'un tonnerre retentissant. 
Le moment en suspension, le moment funambule.
Celui où l’on fini de se relire (pour la centième fois) avant de peser sur « envoi ».
L’instant précis où tout se relâche dans notre corps avant que le sommeil ne nous ravisse pour nous emporter dans des endroits à cent lieues de notre quotidien. Cette seconde exacte ou dire « Bonne nuit » devient impossible et appartient déjà à l’instant passé.
Le moment en suspension où l’on va aborder une personne que l’on croit avoir reconnue et le bref instant suivant pendant lequel cette personne étudie notre visage avant de s’éclairer d’un sourire qui dit : « Je te vois, maintenant. »
L'abandon, juste avant le premier baiser, quand le cœur qui battait comme un oiseau-mouche se pose enfin pour donner aux amoureux le courage de leur envie.  Ce moment suspendu, les lèvres tendues, où l’on voit défiler les possibilités d’une vie qui n’a pas encore existée; où tout est encore possible.
L’éclair dans l’œil juste avant d’éclater de rire entre amis complices ou celui pendant lequel on se rend compte que son auditoire est captif.
Le répit, juste avant de trouver la solution à un problème de longue date sur lequel on vient de lâcher prise; le moment où cette solution nous arrive enfin par la voie dorsale et remonte en un éclair jusqu’à notre conscience.  Le moment avant le :  « Enfin, je sais…»
J’aime l’incertitude parce qu’elle est vivante dans le moment présent, elle n’en déborde jamais, elle fait prendre conscience des millions de possibilités.  Elle nous absorbe complètement avant de nous relâcher, éblouis, encore dans le moment présent, suivant.  Celui-là même où tout devient possible, où il n’y a plus de retour en arrière, où l’on est forcé de choisir : rester sur place ou avancer.  Peu de temps pour réfléchir, pour le doute; l’âme a déjà choisi.  Étirer cet instant et l’égo prend la parole, déposera la pétition du doute et du non-progrès.
Apprendre à aimer l’incertitude, l’anti-définition.  Se servir de son pouvoir créateur, illuminer le monde de sa présence.  Être un phare, ne jamais bouger de l’instant présent.  Communiquer l’étincelle de vie.

Aimer l’incertitude…

vendredi 11 mars 2016

Neuf lunes

Prélude
"Maman, je crois que j'ai avalé une poussière d'étoile ; elle grandit en moi comme dans une terre fertile."





Je ne te connais pas que je t'aime déjà

Tu seras mon fils, tu seras ma fille

Tu seras ma foi,

Tu seras partie toi, partie tes ancêtres

Neuf lunes passeront quand

Libre, tu viendras au monde

Pour le transformer et l'éveiller

Aux possibilités infinies de l'amour

Légère comme l'air,

Solide comme le diamant,

Ton âme t'habitera.

Elle te demandera souvent comment et où tu vas

Tu lui répondras avec toute l'innocence de l'enfance

J'écouterai cela,

J'y répondrai sans arrogance.

Quand parfois tu cesseras d'écouter,

Quand tu auras l'impression d'être livré à toi-même et de t'égarer,

Je serai présente pour te ramener

Aux promesses que tu chérissais dans l'enfance

Je serai présente pour t'appuyer

Enfin, tu verras que la vie n'est qu'un voyage duquel il faut profiter

Puisque son itinéraire va invariablement bifurquer

Vers des imprévus qui ont souvent tout à donner

L'important reste la vérité

Elle-seule devrait te guider

Mais rappelles-toi qu'elle apparaîtra seulement

Au moment où tu cessera de t'accrocher à ce qui est terminé

Je ne te connais pas que je t'aime déjà,

Je te reconnaitrai dès le premier instant que je te tiendrai dans mes bras

Je te remémorerai toutes les vies ensuite.



Je t'aime, je t'attends.

Ta maman

P.S: Embrasse la santé, tu as déjà toute mon attention.

jeudi 25 février 2016

Aventure en raquettes

Tsé, quand tu te dis:«Eille, j'vais aller faire 25 minutes de raquettes, ça va être le fun dans la trail de skidoo en arrière avec la neige», il peut se passer ben des affaires.  C'est possible que, aveuglée par le blizzard et PERDUE dans tes pensée, tu manques le petit chemin qui te ramène à la maison; que tu raquettes dans la neige jusqu'au genou en te disant :«Wéyons, c'est pas long d'même d'habitude...».  Ensuite ça se peut que tu décides d'emprunter un chemin de bois qui «mènera ben qque part» et que tu débouches sur le terrain d'un inconnu; que l'inquiétude te prenne «est-ce qu'il y a un chien que j'ai pas vu?!» mais que tu te rassures en te disant qu'au moins t'as pris tes gants chauds et que tu ne mourras pas de froid (drôle d'idée); que tu débouches sur la 348 et que tout le monde dans les autos te regarde en se disant: «Spéciale, marcher sur le bord d'la grand route, des températures de même»; que tu réussissent à te rendre chez vous 2 heures plus tard, que tu racontes ça à ton chum qui réponds :«pas si pire on l'a presque fait l'autre fois».  OUI, MAIS C'EST PAS ÇA QUI ÉTAIT PRÉVU!
C'est arrivé à une amie.

jeudi 18 février 2016

Chevalerie des temps modernes





Lors d'une soirée sifflante de grippe et filant sans que je ne puisse d'aucune façon arrêter le temps, histoire d'avoir un moment apaisant sans retarder l'heure du coucher, je me suis déposée devant l'ordinateur pour contempler le ``fil d'actualité``. Je le déroulais normalement, jusqu'à ce que quelque chose retienne mon attention.

Fil d'actualité. Quand même pas banale comme expression. Il ne s'agit pas de nouvelles mondiales, régionales ou même locales, mais celles de gens ordinaires qui veulent faire les manchettes sans trouver de cure à une maladie rare, sans décrocher un Nobel ou commettre un acte leur assurant la célébrité et la prison... Enfin passons.
Alors, je consommais ce Facebook (avec lequel j'entretiens un amour-haine) quand je suis tombée sur cette publication.  Évidemment, je l'ai publiée à mon tour. C'est l'idée derrière les médias sociaux. Partage instantané de l'information. J'y participe activement en choisissant du contenu hautement réjouissant et positif; ce que j'appelle affectueusement mes petites joies quotidiennes.  Et oui, ça inclus parfois des vidéos de chats, parce que les chats (qu'on le veuille ou non) sont adorables,,,  Mais je m'écarte encore du sujet.
Le vidéo contenu dans cette publication s'appelait Chevalier des temps modernes (ou la chevalerie relationnelle) 2015. Il n'en fallut pas plus pour que je me précipite sur le bouton ``PLAY``.
Chevalerie, dans ma définition, est cousine de la galanterie dont je déplore l'extinction imminente.  Il n'est pas ici question de genre, c'est plutôt un style. Elle tient plutôt de la reconnaissance qu'il existe d'autres humains parcourant cette terre et que grand bien nous fasse d'aider notre prochain. La galanterie n'existe pas sans la conscience de l'autre; tout comme la chevalerie n'existe pas sans la damoiselle en détresse ou la Quête (avec un grand Q!).

Ainsi, cette vidéo destinée aux enfants m'a profondément émue.  J'ai entendu son écho à l'intérieur. J'ai entendu l'écho de ma mère qui me disait si souvent: ``Fais de ton mieux, le reste n'a pas d'importance.`` Puis j'ai reconnu la chance que j'ai eu d'avoir des parents m'encourageant à livrer le meilleur de moi-même, pour moi-même.  Sans doute, leur but étant que je développe ma confiance en moi et que je maintienne une attitude permettant de passer à travers les épreuves. Je les remercie pour cela.

J'ai eu l'impression que ce vidéo destiné aux enfants, devrait faire le tour des écoles. Ce film de 4 minutes passe certainement le test.  Il n'est pas orienté sur une religion, il éduque très simplement sur la façon dont notre savoir être et notre perception influence nos actions.  On en conclut qu'on a toujours le choix.  Maintenant, je suis consciente qu'il faille scruter tous les angles d'un message avant de le diffuser aux enfants. Sinon, on devient responsable.  Alors, je dis: ``Soyons donc responsables``.  Endossons ce message d'amour et de sain développement de soi.  4 minutes et 28 secondes et contribuons à construire un monde plus en paix, offrant plus de possibilités d'épanouissement.

Entre autre chose, ce grand film d'animation met en perspective qu'on a tendance à oublier ou à ignorer que les gens rejettent vers l'extérieur ce qu'ils vivent à l'intérieur. Je suis convaincue qu'il vous est possible à tous de vous remémorer une attitude que vous avez eue à un certain moment avec une certaine personne qui ne le méritait pas.  On peut se le reprocher ou on peut changer notre regard sur les choses et faire le choix de penser autrement. Indulgence, tolérance, dialogue, transparence.
L'impact de ce simple choix est immense. En conservant une attitude d'ouverture, on entraîne les autres dans notre sillon, on influence positivement notre entourage.  Soyons responsables. Obligeons-nous à donner le meilleur de nous-même en toutes circonstances.  Il est facile d'influencer les gens négativement, il faut de la persévérance pour ramener l'amour de soi et le positivisme dans sa vie. C'est un effort constant. Les tous-petits aussi y sont sensibles.  Soyons responsables.

Je pense sincèrement que ce vidéo extraordinaire devrait aussi être visionné en famille.  Pour réflexion, pour discussion, pour se poser dans le monde et réfléchir à ce que l'on souhaite réellement devenir. 4 minutes 28 secondes, ça demande simplement une petite place dans l'horaire pour accompagner toute une vie.

Je vous le partage.  Faites-en bon usage.  Le pire qui puisse arriver, c'est que vous le gardiez pour vous.  Je prends cette chance.

mardi 26 janvier 2016

Une heure par jour pour recharger ses batteries



« Tic-Tac! Tic-Tac! C’est votre vie qui s’écoule. »
"Tick-tick-tick. That's the sound of your life running out."Personnage de Jordan Chase, Dexter Saison 5

En savourant un thé beaucoup trop aromatisé pomme-canelle, je me suis mise à cogiter sur le temps qui passe.  Je réfléchis au fait que je suis maintenant capable de profiter de la vie, de MA vie.  Je n’ai pas encore d’enfant et, mis à part l’horaire du boulot qui est à peu près flexible, je profite du temps où peu de contraintes encarcanent mon espace-temps.  Je sais que les enfants viendront tout bouleverser et donc je profite consciemment de ces moments « pré-élevage ».
Marcher dans un endroit apaisant.

Je réfléchis à la routine du « auto-boulot-dodo ». J’habite en région où il n’y a pas de transport en commun et où il faut prendre « le char » pour aller au dépanneur; à moins d’avoir une heure devant soi et le goût inexplicable de risquer sa vie en bordure d’une route à 90km/h. Fin de la parenthèse.  Donc, je pense à cette routine.  Je me rappelle très bien comment je me l’imposais et que j’ai encore tendance à le faire d’ailleurs.  La routine, faut bien l’avouer, à ce je-ne-sais quoi de rassurant.

Après,  quand on y ajoute un ou quelques enfants, du bénévolat et une vie sociale, le temps dévoué à soi doit être prudemment extirpé, sans trop dérégler cette routine qui permet de demeurer efficace.  En bref, pas évident de prendre du temps pour soi.  Surtout quand on se sent à contre-courant, sans énergie disponible pour le changement ou pour la combativité, il devient facile de se laisser glisser.  Il devient réconfortant de couler dans l'idée que l’on puisse trouver une entière satisfaction à bien faire ce qu’on fait déjà.

Parallèlement, on continue de se bercer en se demandant pourquoi le bourdonnement dans nos oreilles continue, pourquoi cet ulcère d’estomac tarde à guérir, pourquoi on est SI FATIGUÉ. Et puis, on a ce goût amer de la rancœur adressée à tout le monde et à personne en particulier, mais pas tous les jours.  Et puis on sent un trou, juste là, juste en dessous du sternum. Rien ne sert de manger, ça ne le calme jamais. Mais le malaise part et revient selon une fréquence qui, sauf pour les survivants, est difficile à déceler.  Mais ça ronge et puis on est SI FATIGUÉ.  On se dit : « de toutes façons, où est-ce que je trouverais l’énergie de m’abonner au Gym? Comment est-ce que je pourrais faire autre chose que de regarder la télé pendant le 10 minutes que j’ai pour moi rendu à 21h? Je ne vais tout de même pas me lever à 4h du mat pour faire du sport? Si? »
Il faut bien le dire, décider de prendre soin de soi, c’est exigeant.

Pour certaines personnes, il faudra entamer de féroces négociations avec le partenaire de vie.  Pour d’autres, ce sera l’aspect financier ou encore de se placer devant l'évidence que l'on ne sait pas ce qui nous ferait du bien.  Pour la plupart, persévérer dans l’idée que l’on vaut bien un petit moment ÉGOÏSTE de bonheur personnel et garder cette pensée active relève de l’exploit.  L’égoïsme n’a jamais eu la cote, mais peut-être est-il un mal nécessaire?  Est-ce vraiment de l’égoïsme que de prévenir la dépression, la colère, la frustration en prenant une toute petite heure par jour pour soi?  Si c’est encore trop, une petite demi-heure?

Ce qui est vraiment aidan: voir quelqu'un ou se faire suivre (clin d’œil à Gad Elmaleh).  Moi, je me suis fait suivre.  Quand mon « psy » m’a prescrit des « activités plaisantes », je n’ai pas ri.  Je suis restée assise là à le regarder comme s’il parlait soudain une langue étrange. Il a enchaîné : « j’ai une liste de ces activités si vous le désirez ». Encore regard vide. « Je vous la fait parvenir par courriel ». Je me sentais démunie comme un enfant de 11 ans qui décide de faire une fugue qui dure 15 minutes parce qu’il n’a aucun endroit où aller. Je ne savais pas ce qui me faisait plaisir.

 
Il m’a brièvement expliqué le principe de la batterie. À leurs honoraires, on est content qu’ils fassent vite, les «psy ».  Je vous le partage pour mieux comprendre l’utilité de ces activités « futiles » et « anti-productives » dans notre quotidien. Quand la batterie est à plat, le patient (celui qui a patienté beaucoup dernièrement pour retrouver son entrain) ne reconnaît plus les sources de plaisir.  Il faut l’entraîner à redécouvrir les choses qui le stimulent. Alors seulement, la batterie peut se recharger.  Ça prend de l’assiduité avant de retrouver la « full charge ».
 
Il faut des activités stimulent sans épuiser.  Il n’est pas nécessaire d’être seul.  Ce peut être de prendre un café avec un ami, d’écouter sa série préférée, de prendre une marche dans un endroit qui nous apaise, peu importe.  Il est important de se rappeler que notre dégoût modéré pour les activités plaisantes n’est qu’une illusion.  Les neurones ne communiquent plus correctement.  Le signal est brouillé et donc notre perception aussi.   C’est aussi pour cela que le patient (celui qui redoute le moment où le médecin le mettra en arrêt de travail et qu’il lui donnera tout le temps voulu pour complètement capoter), doit s’entrainer à ressentir du plaisir. Comme l’entraînement physique, c’est très souffrant pour débuter. Ça demande un effort incroyable. Mais il faut persévérer.
 
JE VOUS JURE QUE ÇA MARCHE!
 
Essayer de le mettre en pratique. Je vous mets au défi.  Une seule petite heure pour vous, par jour... C'est tout ce que ça prend, mais il faut être assidu et s'aimer assez pour réussir à maintenir le cap. 









lundi 11 janvier 2016

Le potentiel heureux


Je fuis la politique et l'actualité parce que je les trouve énergivores et négatives, parce que je suis comme ça : le sort du « monde » m’affecte.  Je sais, l’utopie est de s’imaginer que nous pouvons tous vivre ensemble et harmonieusement et sans complètement ravager la planète. 
Je ne comprends pas toutes ces parties à l’enjeu de pouvoir.  Pour oublier, je me réfugie dans l’instant présent, je tente d’améliorer mon environnement immédiat, j’essaie de faire du bien aux gens que j’aime et même à ceux que j’aime moins ou que je ne connais pas.  "On ne naît pas aigri!", que je me dis.  La vie et comment nous avons appris à l’intégrer et à la vivre, nous façonne, nous rend parfois beaux et divins, parfois tortueux et tristes. 



Le destin n’a rien à voir là-dedans.  L’état de l’accord entre les réflexions intérieures et les choix extérieurs résume assez bien la personne que l’on devient à ses yeux et aux yeux des autres.

J’ai réalisé assez récemment que j’avais le potentiel heureux.  Ça reste embryonnaire mais je fais des études de développement.



J’ai réalisé que, depuis peu, je réclamais sincèrement mon droit au Bonheur.  La clé ici c’est : sincèrement.  Autrefois, je me demandais pourquoi, pourquoi moi, pourquoi comme cela, est-ce que la vie ne pourrait pas un peu me lâcher tranquille et aller faire un tour?!
La vérité, c’est que la douleur était probablement la seule chose que j’endurais facilement et qui me faisait sentir vivante.  L'idée de tenir le Bonheur dans mes mains et de me le voir arraché me frigorifiait tellement, jusqu'à n'en pas vouloir son contact, jusqu'à en avoir PEUR.


Finalement, arriva ce qui arrive à certaines personnes carburant à l’adrénaline, aux émotions fortes et aux voltiges negatives; je me suis évanouie, je me suis perdue, pendant plusieurs années. La seule chose que j’ai pu faire avant de m’éteindre complètement, ça a été de créer un dernier remous en sortant d'une relation au nom de laquelle j’avais accepté de m’éloigner de moi. C'était mon choix, je n'en pouvais plus de me mentir et de me regarder continuer cette pièce de theâtre que j'avais écritre mais dans laquelle je jouais un rôle secondaire. Ensuite, ça été comme si l’on avait débranché mon respirateur. Coupé.



Mon cerveau a complètement bouchonné, laissant mon instinct réagir à tout et à rien, les nerfs à vifs, jusqu’à épuisement.  J’avais perdu tous mes repères quand j’ai évincé toutes les situations qui creusaient un profond sillon entre moi et la Vie. J’ai cru que j’allais être foudroyée, que j’allais mourir sur place dans mes sueurs d'angoisses terribles et m’éteindre SEULE au beau milieu de nulle part. Rien de tout cela ne s’est produit.  J’ai survécu, malgré moi.  Malgré mon angoisse, malgré le fait que je ne savais plus rien faire, malgré le fait que je ne reconnaissais plus aucune activité qui vaille que je reste.



J’ai remonté l’escalier parsemé de ronces et de coton. Parfois m’asseyant sur les épines, parfois caressant du bout des doigts les boules de coton, comme s’il fallait que je les mérites pour les apprécier.


Je ne sais pas trop pourquoi j'écris tout cela.  Si, en fait, je sais. Je sais que je ne suis pas la seule à être passée par ce chemin.  Je veux que tout le monde sache qu'on en meurt pas.  Mieux encore, que cela nous ouvre les yeux si on decide de lâcher-prise et d'accepter de réapprendre à se connaître.


Je crois qu'il y a plusieurs bonheurs qui attendent d'être ramassés.  J'aimerais que vous puissiez en bénéficier.  Présentez-vous au comptoir de votre vie et faites la demande des colis de bonheur que vous n'avez jamais ramassés. Personne ne vous les prendra.

dimanche 27 décembre 2015

Le début

Étape 1 : créer mon blogue

Ça y est!  Premier pas de fait, je suis sur la lancée.  Je viens de créer mon propre blogue.  Issue de la génération des crayons jaunes HB et des pousse-mines, je l'ai nommé: Noire de blogue.  Noire comme la main qui traîne sur le plomb, comme la main qui flotte sur l'écriture.

Je pense que la plupart des blogueurs s'en tiennent à un sujet précis qui fait leur succès; je me donne le droit à l'essai et aux erreurs, aux tâtonnements dans le noir, aux changements de direction soudains. Je veux y trouver un refuge et un prétexte pour l'écriture et les rencontres d'esprits.  C'est un défi que je me suis lancé pour 2016.  Je débute avant le premier de l'an, pour garder l'élan. 

J'écris aussi parce que je crois que dans la période/ère/conjoncture actuelle, l'écriture peut représenter pour tous ceux qui l'affectionnent, un certain Salut dans l'infime possibilité que ses idées soient lues et partagées; ne serait-ce qu'avec une seule personne qui serait touchée. 
Le blogue est moins romantique que la bouteille à la mer mais comporte des similitudes: l'espoir, le besoin de rencontrer l'autre, l'expression de son authenticité et le partage d'une recherche de «quelque chose».  C'est cliché, mais force est de constater que nous sommes tous tellement éloignés, malgré tous les moyens technologiques dont nous disposons pour communiquer.  Si ce blogue brise le sentiment d'isolement d'une seule personne (à commencer par moi-même), je serai comblée.

Par cet outil, je souhaite apprendre à mieux me connaître et comprendre la place que j'occupe en ce monde. Je vois la création de ce blogue comme un entraînement, un effort soutenu vers le rêve non encore assumé de publier quelque chose de lu, un jour.

Sincèrement,



Stephanie Dee



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